Le château hanté
Le village de St-Germain lès Blas était un lieu paisible, entouré de collines de Normandie. Voisin d'une dizaine de kilomètre d'une ville de St-Louis lès Blas dont il faisait partie de la commune. C'était un village des années cinquante, avec la mairie qui était autrefois une écurie des bourgeois, l'école maternelle et primaire était près de la petite église, il y avait aussi une auberge, appelée les Minets Gourmands, pour les rares touristes. Les vieux habitants vivaient en repos et les jeunes gens avaient le plaisir de travailler dans les champs. Il semblait que les habitants de St-Germain lès Blas vivaient en paix, pourtant une fois toutes les décennies une personne disparaît et ainsi que des cercueils de la pompe funèbre, des téléphones des maisons, des ordinateurs de la mairie ou de la bibliothèque. La recherche de ces personnes et ces objets était en vain, ils demeuraient introuvables. Certains villageois, surtout les enfants, pensaient qu'ils étaient cachés dans un vieux château qui était situé à quelques kilomètres du village. Ce château était en plein marais dans laquelle vivaient des crocodiles. Vu de loin, cette forteresse semblait déserte mais personne n'osait s'approcher de celle-ci. Car le cri de corbeaux invisibles terrifiait quiconque s'approchait du château. Ce qui paraît étrange, ceux qui voyageaient dans ce marais pendant la nuit racontait qu'ils avaient vu de la lumière dans le château.
L'après-midi de la fin du printemps, deux jeunes touristes vinrent s'installer dans l'auberge des Minets Gourmands. L'un d'entre eux était un jeune homme mince aux cheveux blonds foncés très courts, avait les yeux marrons presque noirs, il adaptait le style vestimentaire des cow-boys, il portait une chemise à carreaux rouge et des pantalons en jean dont les bas étaient enfouis dans les bottes de western. L'autre était une jeune femme, aussi mince, avait des cheveux longs et bruns et des yeux noisette presque verts, son style vestimentaire était d'une allure très masculine, elle portait une chemise bleue et large et des pantalons et les bottes de western, tout comme son ami. Dans l'auberge, ils entendirent des rumeurs qui concernaient le château « hanté », ils décidèrent de s'aventurer le soir-même, c'étaient des hardis aventuriers.
Les jeunes touristes quittèrent l'auberge à la fin de l'après-midi et allèrent se promener vers le nord. Après avoir traversé quelques collines, ils découvrirent le château au couché du soleil. En s'approchant, leurs pieds s'enfonçaient dans les marais. Ils eurent du mal à circuler, leurs pantalons étaient humides. Des cris de corbeaux se fit entendre, les jeunes voyageurs n'eurent pas peur. Par bonheur, ils n'avaient pas croisé des crocodiles, ils arrivèrent enfin devant la porte du château. Le jeune homme passa sa main sur la poignée de la porte et l'ouvrit. Le château n'était donc pas fermé. Le soleil eu disparu à l'horizon, les touristes sortirent les torches de leurs sacs à dos et pénétrèrent dans la forteresse inquiétante. Ils se trouvèrent dans l'obscurité un somptueux hall d'entrée circulaire, étonnamment propre. Le sol était marbré, la salle avait des meubles en fer forgé dont la surface était en verre, tels que d'un guéridon sur lequel s'était posé un téléphone qui n'était pas branché, que d'une secrétaire d'où s'était posé la lampe à huile, un gobelet de terre dans lequel étaient plongés des stylos et une longue et fine vase de verre qui contenait une seule et magnifique orchidée flambant neuve. Les voyageurs trouvèrent l'escalier de marbre au fond du hall, doté d'étonnante rampe de fer dont les tiges métalliques représentaient des figures géométriques insolites. Les jeunes amis montèrent, armés de torches. Ils découvrirent d'élégants couloirs dont le sol était également de marbre mais doté de tapis écarlates. Les murs étaient clairs à la lueur des torches. Il y avait des portes qui leur menaient dans de magnifiques chambres avec de splendide cheminée de marbre et de luxueux lit à baldaquin. Dans certaines d'entre elles, il y avait un ordinateur qui n'était pas branché non plus, les voyageurs se demandaient à quoi ils servaient puisqu'il n'y avait pas de prise sur les murs. Ils descendirent et trouvèrent de grands et luxueux salons avec une longue table de bois de chêne avec la nappe rouge sang. Des chandelles de fer forgé étaient suspendues au plafond sombre. Ils quittèrent le salon et découvrirent dans le hall une porte de bois dotée de gongs de fer. Les jeunes aventuriers ouvrirent celle-ci et trouvèrent un escalier en colimaçon qui leur menait au sous-sol. Une fois au sous-sol, ils remarquèrent une large arcade qui leur menait dans une salle obscure et inquiétante. A l'aide de torches, ils virent des cercueils de bois tous neufs impeccablement rangés en plusieurs rangs. Il y avait plusieurs arcades qui menaient vers d'autres salles remplies de cercueils. Après quelques arcades, ils découvrirent une salle centrale, plus grande mais les cercueils étaient moins nombreux, ils étaient au nombre de trois, installés au centre, ils étaient pierreux. Les voyageurs aperçurent d'autres cercueils neufs, ouverts et vides qui étaient posés contre les murs. Soudain, les jeunes courageux entendirent des bruits d'ouverture des boites funèbres. Des flammes apparurent dans les torches de fer accrochées aux murs de pierres. Les hardis aventuriers virent mieux, mais horrifiés, des cercueils qui s'ouvrirent et les têtes de morts surgirent et disparurent. Des morts apparurent, debout, autour des visiteurs. Les morts étaient dans d'étranges costumes flambant neuves, ils avaient le visage blafard et menaçant. Ceux qui surgissent de cercueils de la salle centrale étaient des personnes de la même famille. Le premier, du cercueil central, était un grand homme massif, aux longs cheveux noirs, lisses et touffus, au regard noir et pénétrant, dans un costume noir et majestueux, il devrait être le chef des morts. Le second était une femme mince aux cheveux blonds et bouclés, dotée de yeux verts et pétillants, à la robe de velours noir avec de dentelles argentées. Le troisième devrait être leur fils, plus jeune et beau, aux cheveux châtains, longs et ondulés, possédant les yeux de sa mère, habillé dans un gilet de velours noir avec à l'intérieur une chemise blanc immaculé et des pantalons de cuir ténébreux. Les visiteurs remarquèrent que les morts étaient très pâles, dotés d'incisives longues et pointues. Les jeunes voyageurs se rendirent compte qu'ils étaient des vampires, pour la première fois de leur vie, ils eurent peur.